Pour les marchés, le risque Mélenchon ne vaut pas le risque Le Pen

jeudi 20 avril 2017 23h26
 

par Jamie McGeever

LONDRES (Reuters) - Ce n'est sans doute pas le moindre des paradoxes de la campagne présidentielle française: l'envolée dans les sondages d'un candidat de gauche radicale, désormais en mesure de prétendre à la qualification pour le second tour, n'est pas le principal motif d'inquiétude des investisseurs à trois jours du premier tour.

L'ascension rapide de Jean-Luc Mélenchon dans les enquêtes d'opinion, dont l'une l'a même intronisé "personnalité politique préférée des Français", a néanmoins contribué à un regain de tension sur les marchés ces derniers jours.

La volatilité implicite à une semaine du taux de change euro/dollar, un baromètre de la nervosité des investisseurs, est ainsi en passe d'enregistrer sur la semaine sa plus forte hausse depuis le lancement de la monnaie unique en 1999.

Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise, désormais crédité d'un score proche de celui de l'ex-Premier ministre Les Républicains (LR) François Fillon, souhaite imposer les plus hauts revenus à 90%, propose de sortir la France de l'Otan et a évoqué un référendum sur une sortie de l'Union européenne s'il n'obtenait pas une renégociation des traités communautaires.

Il est aussi partisan d'un veto aux accords de libre-échange et de la fin de l'indépendance de la Banque centrale européenne (BCE).

Malgré ce programme radical, il n'est pas considéré comme un facteur de risque aussi important pour les marchés que Marine Le Pen, la présidente du Front national, considérée, au moins par les investisseurs, comme la grande championne du "Frexit", c'est-à-dire non seulement de l'UE mais aussi de l'euro.

Pour nombre d'investisseurs étrangers, il est donc difficile de conclure que Jean-Luc Mélenchon constitue un risque sérieux pour les marchés comparé à Marine Le Pen, qui leur apparaît comme bien plus hostile idéologiquement à l'UE.

"Le 'plan B' de Mélenchon reviendrait à sortir de l'UE et peut-être de la zone euro. C'est plus ou moins le 'plan A' de Le Pen", résume Florian Hense, économiste Europe de la banque Berenberg à Londres, ajoutant que "Le Pen reste l'option nucléaire".   Suite...

 
Ce n'est sans doute pas le moindre des paradoxes de la campagne présidentielle française: l'envolée dans les sondages d'un candidat de gauche radicale, désormais en mesure de prétendre à la qualification pour le second tour, n'est pas le principal motif d'inquiétude des investisseurs à trois jours du premier tour. /Photo prise le 18 avril 2017/REUTERS/Robert Pratta