LEAD 1-Trois présidents brésiliens accusés d'avoir reçu des pots-de-vin

vendredi 19 mai 2017 21h33
 

(Actualisé avec précisions)

par Brad Brooks et Lisandra Praguassu

SAO PAULO/BRASILIA, 19 mai (Reuters) - La Cour suprême du Brésil a dévoilé vendredi un témoignage explosif accusant le président Michel Temer et deux anciens présidents, Luiz Inacio Lula da Silva et Dilma Rousseff, d'avoir reçu l'équivalent de plusieurs millions d'euros en pots-de-vin.

Ce témoignage obtenu en échange d'une réduction de peine dans le cadre de la vaste affaire de corruption "Lava Jato" ("Lavage express") qui secoue le pays, pose la question du maintien au pouvoir du président Temer, qui a lui-même succédé l'an dernier à Dilma Rousseff après sa destitution.

Le chef de l'Etat nie toute malversation.

Les mesures d'austérité prônées par Michel Temer sont présentées comme indispensables pour relancer l'économie d'un pays plongé dans une grave récession.

Ces révélations retentissantes proviennent des témoignages de dirigeants du groupe alimentaire JBS SA, société spécialisée dans le conditionnement de la viande qui a connu une forte croissance grâce à des acquisitions financées par des prêts à faibles taux d'intérêt de la part de la banque de développement du Brésil durant les 13 années de pouvoir du Parti des travailleurs (PT, gauche), sous les présidences de Luiz Inacio Lula da Silva et de Dilma Rousseff.

Le témoignage révélé vendredi par la Cour suprême met en cause à la fois les partis au pouvoir et les partis d'opposition. Selon ces récits, Michel Temer, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre), a reçu 15 millions de réals (4 millions d'euros) de dessous-de-table de JBS.

Pour l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, la Cour suprême donne un chiffre équivalent à environ 45 millions d'euros reçus sur des comptes à l'étranger de la part de JBS, tandis que l'ex-présidente Dilma Rousseff aurait obtenu près de 27 millions d'euros, également sur des comptes à étranger.   Suite...