20 avril 2017 / 19:24 / dans 5 mois

L'Etat islamique revendique une attaque contre des policiers à Paris

Un policier a été tué jeudi sur les Champs-Elysées, à Paris, et deux autres ont été gravement blessés dans une fusillade revendiquée par le groupe Etat islamique. L'auteur des coups de feux a également été tué. /Photo prise le 20 avril 2017/REUTERS/Christian Hartmann

PARIS (Reuters) - Un policier a été tué jeudi sur les Champs-Elysées, à Paris, et deux autres ont été blessés dans une fusillade revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) à trois jours du premier tour de l‘élection présidentielle française.

L‘auteur des coups de feu, dont l‘identité est connue des enquêteurs mais n‘a pas été dévoilée, a été tué par des tirs de riposte.

Une touriste a par ailleurs été touchée par des éclats, ont précisé le procureur de Paris et un porte-parole du ministère de l‘Intérieur devant la presse.

François Hollande s‘est pour sa part dit convaincu que l‘attaque relevait de l‘acte “terroriste” et a précisé, lors d‘une déclaration prononcée dans la cour de l‘Elysée, qu‘un conseil de défense aurait lieu ce vendredi à 08h00 (06h00 GMT).

La section antiterroriste du parquet de Paris s‘est saisie et l‘enquête a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ainsi qu‘à la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris.

L‘assaillant faisait l‘objet d‘une “fiche S” des services de renseignements, selon une source policière, que ne confirme pas à ce stade le ministère de l‘Intérieur, ni le parquet de Paris.

L‘organisation djihadiste EI a revendiqué dans la soirée cette attaque via son canal habituel de communication, l‘agence Amaq.

L‘assaillant est arrivé peu avant 21h00 (19h00 GMT) à bord d‘un véhicule, qui s‘est arrêté au niveau d‘un fourgon de police, avant d‘en sortir et d‘ouvrir immédiatement le feu avec un fusil d‘assaut en prenant délibérément pour cible les forces de l‘ordre présentes, selon le récit des autorités.

Un policier a été tué et deux autres ont été blessés, l‘un sérieusement, l‘autre plus légèrement.

“On ne peut pas exclure qu‘il y ait également un ou plusieurs complices qui aient pu participer, d‘une manière ou d‘une autre, à la commission des faits”, a dit à la presse le porte-parole du ministère de l‘Intérieur, Pierre-Henry Brandet, tout en précisant que les premiers témoignages orientaient l‘enquête sur la piste de l‘assaillant unique.

Le procureur de Paris, François Molins, a déclaré que l‘identité du “terroriste” n‘était pas rendue publique pour ne pas perturber l‘enquête. Des perquisitions ont notamment été menées dans la soirée.

Le ministre de l‘Intérieur, Matthias Fekl, a déclaré qu‘un “bain de sang” avait été évité grâce aux forces de l‘ordre.

“Leur maîtrise, leur sang froid, leur réponse parfaitement adaptée dans les secondes décisives où tout s‘est joué a permis ce soir d‘éviter un bain de sang qui aurait pu être extrêmement large, extrêmement fort sur les Champs-Elysées”, a-t-il déclaré.

A TROIS JOURS DU PREMIER TOUR

“Pour savoir quelles étaient les motivations et ce qui a poussé cet individu à agir, il est beaucoup trop tôt encore pour le dire mais, en tout cas, ce sont des policiers qui ont été délibérément pris pour cible”, a par ailleurs déclaré Pierre Henry Brandet sur BFM TV.

L‘un des policiers blessés a été atteint dans le dos et transporté à l‘hôpital, selon l‘une des sources policières sollicitées par Reuters.

Les agents pris pour cible patrouillaient “en mission de sécurisation des Champs-Elysées”, dit-on de source policière.

La circulation a été bloquée, après la fusillade, sur cette artère touristique du coeur de la capitale, bordée de boutiques de luxe et de restaurants.

Cet événement est survenu à la fin d‘une campagne présidentielle déjà marquée cette semaine par l‘arrestation de deux hommes, à Marseille, soupçonnés d‘avoir planifié des attentats imminents.

Le 18 mars, un homme a été abattu dans l‘aérogare d‘Orly, au sud de Paris, en agressant des soldats de l‘opération Sentinelle.

Emmanuel Jarry, Gérard Bon et Simon Carraud avec Muhammad Yamany au Caire, édité par Yves Clarisse

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