L'attaque de Paris, un effet marginal dans les urnes, estiment des analystes

vendredi 21 avril 2017 15h21
 

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - L'attaque terroriste survenue jeudi à Paris ne devrait pas influer significativement sur le premier tour de l'élection présidentielle, estiment des analystes, qui relativisent l'hypothèse d'un vote réactionnel mais concèdent une potentielle prime à la marge pour Marine Le Pen et François Fillon.

L'impact d'événements "sécuritaires" sur une campagne électorale en France n'a pu jamais être précisément mesuré, mais des concomitances ont pu être relevées, comme l'essor du Front national aux régionales de 2015 à la suite des attentats de Paris ou la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002 - 194.060 voix de différence avec le perdant socialiste Lionel Jospin -, deux jours après l'agression présumée d'un retraité de 72 ans, Paul Voise.

"L'affaire Merah en 2012 (l'auteur des tueries de Toulouse et Montauban qui avait fait sept morts-NDLR) n'avait pas eu un impact considérable sur la campagne et n'avait pas renforcé Nicolas Sarkozy contrairement à ce que certains avançaient à l'époque", note Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive).

Donald Trump a considéré vendredi que l'attentat revendiqué par l'Etat islamique aurait dimanche un "effet important" sur le premier tour, déjà marqué par une imprévisibilité et une confusion sans précédent.

Les sondeurs français refusent en bloc de s'appuyer sur le registre émotionnel ou épidermique, marque de fabrique du président américain.

OPINION FRANÇAISE STABLE

Même si l'indécision culmine à 30%, un record, "l'opinion française est beaucoup plus stable que ce qui est dit d'elle", explique Céline Bracq, directrice générale d'Odoxa.   Suite...

 
L'attaque terroriste survenue jeudi à Paris ne devrait pas influer significativement sur le premier tour de l'élection présidentielle, estiment des analystes, qui relativisent l'hypothèse d'un vote réactionnel mais concèdent une potentielle prime à la marge pour Marine Le Pen et François Fillon. /Photo prise le 19 avril 2017/REUTERS/Benoît Tessier