21 avril 2017 / 15:45 / il y a 6 mois

Des policiers en colère après l'attaque des Champs-Elysées

PARIS (Reuters) - Les syndicats de police ont exprimé vendredi leur inquiétude et réclamé plus de fermeté contre les suspects dangereux lors d‘une rencontre avec le ministre de l‘Intérieur Matthias Felk, au lendemain de l‘attaque sur les Champs-Elysées.

Les syndicats de police ont exprimé vendredi leur inquiétude et réclamé plus de fermeté contre les suspects dangereux lors d'une rencontre avec le ministre de l'Intérieur Matthias Felk, au lendemain de l'attaque sur les Champs-Elysées. /Photo prise le 21 avril 2017/REUTERS/Benoit Tessier

Un policier a été tué et deux autres grièvement blessés jeudi soir par un assaillant qui a ensuite été abattu à la veille du premier tour d‘une élection présidentielle placée sous haute surveillance.

L‘attentat a été revendiqué dans un communiqué par l‘État islamique (EI).

L‘auteur de l‘attaque, âgé de 39 ans, avait été condamné en 2005 en appel à quinze ans de réclusion pour tentatives d‘homicide volontaire notamment sur un policier en Seine-et-Marne et libéré au bout de 10 ans.

Il était depuis le 14 octobre 2015 en mise à l‘épreuve après une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour une série de petits délits, et avait été entendu en février 2017 pour des menaces de mort sur des policiers.

Pour les syndicats de police, l‘acte de Karim Cheurfi montre que la France reste “à un niveau de menace très élevé” à proximité d‘échéances électorales majeures et que les forces de l‘ordre restent une cible privilégiée de “fanatiques”.

“Une fois de plus, les forces de l‘ordre sont prises pour cible et paient de la façon la plus tragique leur investissement dans la sécurité de nos concitoyens”, a déclaré Philippe Capon, secrétaire général de l‘Unsa police.

Mais l‘attaque des Champs-Elysées pose également la question, aux yeux des syndicats, des remises de peine pour des détenus dont les chances de rédemption sont extrêmement faibles.

MENACE MINIMISÉE ?

“On peut s‘étonner, sans remettre en cause la justice, que cet individu soit remis en liberté, ce qui démontre une nouvelle fois le fossé entre la mission de protection de la population assignée aux policiers et les décisions de justice qui compliquent leur mission”, a dit à la presse Jean-Claude Delage, le secrétaire général du syndicat Alliance.

Alternative Police CFDT repose la question du “travail en commun des différents services de renseignement” et appelle le futur président à revoir les renseignements territoriaux.

“Leur rôle est central et il est d‘une extrême nécessité de les recentrer sur leur coeur de métier en créant une véritable direction du renseignement, première source d‘information du terrain”, écrit-il dans un communiqué.

Pour le Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN/UNSA), des “progrès significatifs” ont été menés par le gouvernement sortant pour fournir aux forces de l‘ordre des moyens humains, matériels et juridiques “mieux adaptés”.

“Mais trop de signes témoignent encore d‘une absence de prise de conscience de la réalité des menaces qui pèsent sur nos sociétés”, estime sa secrétaire générale, Céline Berthon.

Le syndicat SGP police FO a décidé pour sa part de boycotter la rencontre au ministère de l‘Intérieur, estimant qu‘elle “ne pourra rien apporter de plus pour les policiers à quelques jours de l‘élection présidentielle”.

“Seuls le prochain président de la République et son gouvernement pourront et devront être en mesure de répondre aux attentes des policiers”, déclare son secrétaire général, Yves Lefebvre, dans un communiqué.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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