11 août 2017 / 08:16 / il y a 6 jours

250.000 oeufs contaminés pourraient avoir été consommés

Près de 250.000 d'oeufs contaminés par le fipronil auraient pu avoir été consommés par les Français dans les derniers jours et pourraient encore se trouver dans leur réfrigérateur, a déclaré vendredi le ministre de l'Agriculture, précisant toutefois qu'il n'y a aucun risque pour la santé. /Photo prise le 8 août 2017/François Lenoir

PARIS (Reuters) - Près de 250.000 d'oeufs contaminés par l'insecticide fipronil auraient pu avoir été consommés par les Français dans les derniers jours et pourraient encore se trouver dans leur réfrigérateur, a déclaré vendredi le ministre de l'Agriculture, précisant toutefois qu'il n'y a aucun risque pour la santé.

"Nous avons deux centres d'emballage d'oeufs dans le Nord et dans la Somme qui ont reçu des oeufs de consommation contaminés en provenance des Pays-Bas et en provenance de la Belgique", a déclaré Stéphane Travert sur RMC.

Un premier lot de 196.000 oeufs en provenance de la Belgique aurait été mis sur le marché entre le 16 avril et le 2 mai. "Ces oeufs ont déjà été consommés sans impact pour la santé", a souligné le ministre.

Concernant le deuxième lot, qui vient des Pays-Bas, "ça correspond environ à 48.000 oeufs qui ont été mis en vente par les magasins Leader Price entre le 19 et le 28 juillet a également été identifié", a-t-il ajouté.

Le code de ce lot, qui se trouve sur les coquilles des oeufs, est le 0NL43651-01.

Ces oeufs peuvent être consommés "sans aucun danger", a souligné Stéphane Travert, en précisant que l'Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (Anses) a rendu un avis en ce sens.

PAS PLUS D'UN OEUF PAR JOUR POUR LES ENFANTS

L'agence estime toutefois qu'un adulte, y compris les femmes enceintes, ne devrait pas consommer plus de 10 oeufs contaminés par jour. Pour les enfants de 1 à 3 ans, il s'agit d'un oeuf par jour, selon les scénarios les plus protecteurs.

Même dans ce cas, les effets "observés chez l'homme à la suite d'une exposition aigüe par voie orale à des préparations contenant du fipronil sont généralement bénins", lit-on dans le rapport de l'Anses.

Les deux centres d'emballage s'ajoutent aux cinq entreprises produisant des ovoproduits - des produits dérivés de l'oeuf - ayant reçus des oeufs contaminés par l'insecticide.

Deux autres entreprises, en Moselle et en Vendée, ont réceptionné des ovoproduits contaminés de Belgique.

L'ensemble des produits transformés fabriqués à partir de ces ovoproduits - principalement dans le secteur de la boulangerie - seront retirés du marché dans l'attente d'analyses, a précisé Stéphane Travert.

Si les taux de contamination sont nuls ou faibles, ils seront remis dans les rayons.

La Commission européenne a demandé la tenue d'une réunion au niveau ministériel pour discuter des conséquences de cette crise qui a nécessité le retrait des rayons de millions d'oeufs contaminés par l'insecticide potentiellement dangereux dans 15 pays membres de l'Union européenne, ainsi qu'n la Suisse et à Hong Kong.

LES ASSOCIATIONS PAS RASSURÉES

Le ministre français a déjà répondu présent. "Nous souhaitons prendre une initiative au prochain conseil des ministres de l'Agriculture en septembre à Tallin (Estonie) pour mesurer l'ampleur de cette affaire", a dit Stéphane Travert.

"Il y a une fraude caractérisée (...) parce que c'est un produit interdit et là-dessus, nous serons intransigeants."

La police néerlandaise a interpellé jeudi deux suspects dans le cadre de l'enquête.

L'ONG Foodwatch n'est pas rassurée par les déclarations du ministre de l'Agriculture.

"Qu'est ce qui nous permet de dire qu'on a tout identifié? (...) On voit bien qu'au fur et à mesure, on découvre de nouvelles informations", a dit sur RMC la directrice de l'information de l'ONG, Ingrid Kragl, qui précise que le week-end dernier, le gouvernement avait déclaré que la France n'était pas concernée.

"(Le ministre) nous dit : 'Je n'ai pas de chiffres ni de taux à vous donner mais le risque est écarté'. Eh bien nous ne nous satisfaisons pas. On veut des preuves, des garanties", poursuit-elle.

Reprenant l'étude de l'Anses, elle estime qu'il ne faut pas minimiser le risque d'intoxication chez les enfants.

Caroline Pailliez, édité par Yves Clarisse

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