6 décembre 2017 / 05:34 / dans 5 jours

Mort de Johnny Hallyday, monstre de la variété et rockeur patrimonial

PARIS (Reuters) - Johnny Hallyday est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l‘âge de 74 ans, au soir d‘une carrière de près de six décennies durant laquelle il a traversé les générations et les styles musicaux, du rock aux guitares hurlantes jusqu‘aux ballades entrées dans le répertoire de la variété française.

Le chanteur Johnny Hallyday est mort à l'âge de 74 ans, succombant à un cancer du poumon contre lequel il luttait depuis plus d'un an, a annoncé mercredi sa femme Laeticia dans un communiqué transmis à l'AFP. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

La disparition de l‘ex-“Idole des jeunes”, qui luttait depuis plus d‘un an contre un cancer du poumon, a suscité un flot de réactions de personnalités du monde de la musique mais aussi de responsables politiques, dont Emmanuel Macron.

Le chef de l‘Etat a rendu hommage à sa “gueule”, sa “voix” et son “lyrisme brut et sensible” dans un communiqué publié dans la nuit.

“Jusqu’au bout, libre dans sa tête, il aura été cette présence familière, cette voix tant de fois imitée, cette personnalité osant vivre pour le meilleur, et communiquant une énergie fraternelle à ce public qui en retour lui criait ‘Que je t‘aime’”, a-t-il ajouté.

Un “héros français”, a-t-il par la suite déclaré depuis Alger, où il était en visite.

Le président français a été prévenu à 02h00 du matin (01h00 GMT) par un appel téléphonique de Laeticia Hallyday, l‘épouse du rockeur, a-t-on appris auprès de l‘Elysée.

“Johnny Hallyday est parti”, a-t-elle annoncé dans un communiqué transmis à l‘Agence France Presse. “J‘écris ces mots sans y croire. Et pourtant c‘est bien cela. Mon homme n‘est plus. Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité.”

Le mois dernier, “Johnny” avait été admis dans une clinique pour une détresse respiratoire avant de retourner quelques jours plus tard à son domicile de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine).

Hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années, cet inusable homme de scène au train de vie parfois débridé a connu plusieurs alertes, comme en décembre 2009, lorsque des médecins de Los Angeles l‘ont placé en coma artificiel à la suite de complications consécutives à une opération.

Pendant plus d‘un demi-siècle, jusqu‘à ce crépuscule, Johnny Hallyday a bâti sa carrière de chanteur sur la passion du rock et de l‘Amérique fantasmée et sur son aura première de rebelle.

Marathonien des tournées, dont une dernière aux côtés de Jacques Dutronc et Eddy Mitchell en août dernier, il a vendu plus de 110 millions de disques, enregistré plus de 40 albums et un millier de chansons dont un quart d‘adaptations, surtout de titres américains ou britanniques.

Il avait annoncé de nouveaux concerts, qui devaient avoir lieu en 2018.

Parmi ses titres les plus fredonnés figurent “L‘idole des jeunes”, “Retiens la nuit”, “Le Pénitencier” ou “Que je t‘aime” pour les années 1960, “Le bon temps du rock‘n‘roll”, “J‘ai oublié de vivre”, “Gabrielle”, “Toute la musique que j‘aime”, “Ma gueule”, “Fils de personne” pour les années 1970.

La liste de ses succès ne s‘est jamais arrêtée, jusqu‘à “Quelque chose de Tennessee”, “Rock‘n‘roll attitude”, “Sang pour sang”, “Allumer le feu” ou “Marie”.

“IL NE SERA JAMAIS OUBLIÉ”

De nombreux chanteurs ont exprimé leur tristesse, dont l‘Américain Lenny Kravitz, qui a écrit sur Twitter : “Ton amitié, ta douceur et ton soutien sont inscrits dans mon coeur. C‘est un honneur de t‘avoir connu et d‘avoir passé du temps avec toi et ta belle famille. Ton âme est du rock and roll”.

Le message se termine par un “Repose en paix” écrit en français.

Pour Céline Dion, “c‘était un géant du show business...une véritable icône (...) Il nous manquera beaucoup mais il ne sera jamais oublié.”

La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a jugé sur Europe 1 que le chanteur et l‘écrivain Jean d‘Ormesson, mort la veille, méritaient tous deux un hommage de la République, sans se prononcer directement sur la possibilité d‘organiser des obsèques nationales.

“C‘est trop tôt pour le dire”, estime-t-on à l‘Elysée.

Les députés ont réservé au rockeur patrimonial des applaudissements debout en ouverture d‘une séance de questions au gouvernement.

“Nous avons à intervalles réguliers entendu et vu cet artiste exceptionnel qui a su séduire, conquérir de nouveaux publics, durer aussi, se renouveler et investir des champs très variés, à la fois dans la chanson, le cinéma et au théâtre”, a dit le Premier ministre, Edouard Philippe, lors de cette séance.

Le maire de Nice, Christian Estrosi, a promis sur France Bleu de baptiser une rue de sa ville du nom de Johnny Hallyday.

Avec Jean-Baptiste Vey, édité par Sophie Louet

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